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HOMMEFLEUR historique : site pour les hommes qui aiment les femmes, au point de vouloir leur ressembler !
« Car il importe peu, après tout, d'être ou non physiologiquement une femme si le monde avec un grand M, de l'Eglise à la Maréchaussée, vous reconnait de fait les privilèges accordés au sexe féminin. »
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C'est assez tôt, vers l'âge de sept ou huit ans

à la fin de ce récit, tu peux donner ton avis

( texte proposé par Yvana Mac eugene )
C'est assez tôt, vers l'âge de sept ou huit ans que mes plus lointains souvenir de désir d'être une fille remontent.
Néanmoins, j'étais déjà bien avant cela un enfant solitaire et assez
pleurnichard , état que mes parents liaient sans doute au fait que je vivais
entouré de trois soeurs. Mon premier émoi dont je me souvienne remonte à l'âge
de six ans où, en première primaire, j'appris un poème contant l'histoire d'une
rose. Je ressentis au plus profond de moi le désir d'être cette rose. A la même
époque je vécu une expérience inoubliable lorsque mes soeurs, avec l'accord de
ma mère me déguisèrent en petite fille, me coiffèrent de deux petites couettes
et eurent même l'autorisation de me mettre du rouge à lèvres. Pour la première
fois peut-être de ma vie je me sentais bien et j'aurais voulu que cela dure
toujours. A cette époque, nous allions de temps en temps à l'église avec l'école
et, en trajet, nous passions devant un salon de coiffure pour dames qui arborait
des photos de femmes aux coiffures de cette époque. Souvent, l'envie me prenait
d'y entrer et de leur demander de faire de moi une femme. Rêve fou de gosse
fasciné par cette féminité à laquelle j'aspirais tant. Et peut-être aussi, guidé
par le symbole des ciseaux capables de me débarrasser de ce qui faisait de moi
celui que je ne voulais pas être. Et si je l'avais fait. Qui sait? Peut-être
aurait-elle alerté mes parents qui auraient peut-être enfin pris conscience de
mon calvaire. En deuxième primaire, j'allai dans la classe de la ravissante
mademoiselle Debie. C'est là que remonte mon plus ancien souvenir de vouloir
devenir une fille et puis une femme. Une pensée me hantait sans cesse :"Devenir
elle d'un coup de baguette magique.". N'ayant pas de petites filles dans ma
classe, il m'était difficile de m'identifier à elles et c'est donc vers
mademoiselle Debie que s'orientaient mes désirs de féminité. L'année suivante
fut pour moi terrible. Fini les mademoiselles. La classe des garçons à partir de
la troisième était dirigée par un monsieur et mes résultats s'en ressentirent.
Mes parents me firent voir une psychologue qui, à cette époque, ne suivit pas la
piste du trouble d'identité du genre comme cela se passerait peut-être
aujourd'hui. Je restai donc seul avec mon troublant secret, me couchant le soir
avec au coeur le secret espoir que durant mon sommeil un miracle se produirait
faisant de moi la fille que je rêvais tant devenir. Dans le pire des cas, je me
disais qu'un jour, plus tard, on me mettrait un coeur et une voix de fille et
que tout serait réglé. C'est l'année suivante que mon rêve d'un jour "devenir
une femme" trouva un idéal en la personne d'un personnage de papier :" Natacha
hôtesse de l'air.". Mon dieu qu'elle était belle, comme j'aurais voulu rentrer
dans le livre pour prendre sa place. Rêve de gosse naturellement. Un jour
j'évoquai devant mes parents que j'aimerais bien être Natacha et je fus
vertement réprimandé pour avoir d'aussi sottes idées. Les années passèrent donc
avec sur mes épaules le poids de mon douloureux secret. Je commençai, en
cachette, à enfiler les bas nylons de ma mère et les jupes de mes soeurs pour
vivre à la sauvette quelques minutes de paix intérieure gâchées par la peur
d'être découverte. Avec le secondaire vint l'école mixte et la recherche de la
proximité des copines de classe non pas pour y jouer le petit coq mais parceque
parmi elles je me sentais chez moi. Ce fut l'époque de la puberté. Période
atroce où ma voix n'avait de cesse de se faire plus grave alors que je la rêvais
aigüe et gracieuse. Où mes formes devenaient plus carrées, s'éloignant chaque
jour un peu plus des rondeurs des seins naissants qui se dessinaient chez celles
parmi qui je me sentais si bien. Chaque poil qui apparaissait sur mon menton
était un coup de poignard en plein coeur. J'étais abattu, résigné. Les miracles
n'arrivent pas. Jamais je ne serais mon héroïne de papier ni même une femme
ordinaire. Résigné jusqu'à ce que j'entende parler d'un coiffeur du quartier qui
s'appelait Dominique et que les gens qualifiaient d'efféminé. On disait même
qu'il aimait qu'on l'appelle madame. Un jour Dominique remit son salon de
coiffure et le bruit courut qu'il était parti au Maroc pour y subir une
opération destinée à faire de lui une femme. Ce fut un vrai choc. Cela était
donc possible. Cette opération dont je rêvais étant petit existait vraiment.
Mais l'enthousiasme retomba vite. Car comment faire lorsque l'on a quatorze ou
quinze ans en 1974-1975? Où aller chercher de l'aide? Tout ce que j'imaginais
tenait du rêve. Je me suis donc dès ce jour résignée à subir ma vie plutôt qu'à
la vivre.
Je me suis donc contrainte à vivre cette vie dans laquelle je ne me suis jamais reconnue , selon les codes de mon genre . J’ai vécu une vie de couple avec une femme adorable qui malheureusement est décédée il y a un peu plus de deux ans .
Je me rend compte aujourd’hui à quel point je me suis mise en veilleuse pour ne pas lui faire de mal . je ne sais si j’ai eu raison ou tort mais ne regrette nullement ce choix . Aujourd’hui , à 58 ans , seule et sans enfants , je me dis qu’il est peut-être temps d’essayer d’être moi .

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