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Placer sa voix

à la fin de ce récit, tu peux donner ton avis

( texte proposé par Isabelle Andreeff )
Placer la voix !

Je me sens un peu comme une princesse dans son donjon, nonobstant l’âge, évidemment (à propos, si l’une d’entre vous connaît la date de péremption d’une princesse, et plus précisément « de donjon », je suis preneuse !).

J’ai commencé à sortir vraiment, régulièrement, de mon donjon. D’abord par la voix, en fait. Je me suis autrefois déjà exercée à téléphoner dans divers magasins pour des articles féminins. Je crois que je passais déjà fort bien. Ma retraite arrivée, j’ai appelé « pour de vrai » des sites commerciaux, pour me commander des robes, des chaussures ou d’autres articles. J’ai ainsi sympathisé avec une responsable des ventes sur un de ces sites. Nous bavardions plus que de raison sans doute eu égard à ses obligations professionnelles. Je suis allée jusqu’à lui envoyer l’une ou l’autre photographie. Je suis de celles qui aiment voir la personne avec qui je parle ! Et puis c’était une manière de poursuivre mon « coming out ». En français dans le texte : « mon venir dehors », ou, plus redondant, « mon sortir dehors » !
Mettre un visage sur une voix, ou à l’inverse, mettre une voix sur un visage, c’est essentiel dans les rapports humains. De plus, l’expression est très belle, justement par ce qu’elle implique d’inattendu. Ainsi, je me suis déjà un peu aventurée hors de mon donjon, en attendant de le faire vraiment dans ma ville, dans ma région, dans mon pays, dans notre monde, dans notre galaxie ! J’aspire donc de toute mon âme à franchir ce mur symbolique, celui du donjon, vous m’aurez comprise. « Dans ma ville, ma région, mon pays, le monde, la galaxie… », ai-je écrit : je m’arrête là pour l’instant, faute notamment de carburant pour quitter notre galaxie ! Mais je suis quand même bien excitée à l’idée de rencontrer des copines extraterrestres ! Tiens, j’aurais bien envie de la raconter, cette rencontre ! Je me demande quelles voix elles auront, et surtout quels genres de robes elles porteront …!


Pour l’heure, les choses vont pour le mieux dans le meilleur des mondes encore impossible ! C’est que, en ce moment, j’ai à peu près inversé la tendance : c’est Isabelle qui est là au quotidien, désormais, le plus souvent possible ; et qui prend sur elle de se travestir en homme de temps en temps pour vaquer à des occupations en société. Je considère en effet que je suis habillée normalement lorsque je suis en robe ou en jupe, maquillée, chaussée, bijoutée. Inversement, je me sens presque travestie lorsque je m’habille en homme, pour toutes sortes de situations. Et c’est vrai que je n’ai quasi plus envie de porter autre chose que mes vêtements féminins : robes, jupes, chemisiers, tops, gilets, châles… coiffures de toutes sortes avec mes cheveux naturels que je laisse désormais pousser très longs, en attendant d’essayer les colorations. Si je ne craignais pas le galvaudage, les filles, je dirais que je suis heureuse ! Mais dieu que je l’ai attendu ce temps où je peux enfin être moi-même quand et comme je le veux ! Tout semble en place pour me lancer dans le monde. Même la voix.



Quel naturel, aujourd’hui ! Je veux être claire : je ne suis pas orthophoniste et ne me risquerai pas, dans ce domaine pas plus que dans les autres, d’ailleurs, à vous « donner des conseils ». Je me contente, et c’est un plaisir pour moi, de raconter les bribes de mon parcours.
J’ai travaillé ma voix toute seule. C’était impensable pour moi de prendre rendez-vous chez un(e) orthophoniste pour lui demander de m’aider à féminiser ma voix ! Alors, j’ai tâtonné, j’ai avancé comme je le pouvais, parfois en m’efforçant d’imiter des voix de femmes, entendues dans mon entourage, à la télé ou à la radio. L’important est de ne pas singer, mais il faut bien prendre appui sur une ou plusieurs références. L’imitation est une dimension importante dans la formation, quoiqu’on en dise ! Et puis les téléphones, aujourd’hui, ça aide ! Je me suis appelée de mon mobile sur mon fixe, ou l’inverse, et je me suis écoutée. Je me suis aussi enregistrée sur mon téléphone. Pratique, quand même, le dictaphone ! J’ai fait des exercices de voix, en tentant d’atteindre ponctuellement des hauteurs stratosphériques (il ne s’agit pas d’y rester bloquée !), notamment à travers des petits exercices de chant. Le matin, il m’arrive très souvent de chantonner dans ma cuisine, en tenue d’intérieur ou de nuit, portant généralement une jolie robe de nuit à fleurs en satin d’un beau rouge bordeaux sur un jupon rose, les cheveux remontés tenus par une pince, pour préparer le petit déjeuner. Il faut dire que je prétends aussi au statut de fée du logis, en plus de celui de princesse du donjon ! « Mais elle est parfaite, cette Isabelle ! » Pas loin, mesdames, pas loin. Il me reste toutefois à me hisser à la hauteur de cette belle réplique de Nicole Garcia dans un film que je découvrais récemment : « Une femme, ça s’assume ! ». La même Nicole Garcia, dans le même film ajoutait : « … être femme, ça s’apprend ». Du petit lait, pour moi ! Je ne suis pas adepte des œufs à la coke, le matin, mais mes p’tits déjs sont très énergisants ! Important pour passer une journée entière à virevolter joyeusement dans tous les sens. Au petit déj, le miel est incontournable. Je le dévore à la cuillère. J’adore le miel ! Cela tombe bien : pour la voix, c’est un must !
Les cordes vocales sont comme des muscles qu’il est possible de développer. Par exemple : choisir une phrase, n’importe laquelle, de préférence courte, et la répéter de plusieurs façons, en modulant la hauteur, le volume – difficile, ça, le bon volume ! – les anciennes reconnaîtront bien sûr cette fameuse scène de cinéma où Fernandel module la phrase « tout condamné à mort aura la tête tranchée » de façon hilarante ! Ou encore : lire à voix haute, un article – moi, j’avais bien sûr une nette préférence pour la presse féminine ! Bon, il faut accepter la part de théâtre inhérente à tout cela ; ne pas craindre de « parler toute seule ».Après tout, je faisais mes gammes ! J’ai eu la chance de faire beaucoup de théâtre dans ma vie. « Le monde entier est un théâtre » disait Shakespeare !.Toutes les voix sont aigües, au départ. Pour les garçons, vient un jour…la chute dans le grave ! Pascal Quignard, l’auteur de Tous les matins du monde, a écrit de très belles choses là-dessus. Toujours est-il qu’à force de patience, et parce que ma situation de retraitée m’ouvre tous les horizons jusque-là un peu « rétrécis », je parle aujourd’hui en femme le plus naturellement du monde. Ma voix est quasi complètement intériorisée. C’est-à-dire que quand je pense, quand je réfléchis, quand je me réveille le matin, c’est souvent ma voix de femme que « j’entends » en moi. Au début, c’est un peu étrange. Puis, on s’y fait, on reconnaît cette voix, on la désire, même ! Ce n’était pas gagné, comme on dit. Mais voilà, j’y suis arrivée, pas trop mal, je crois.
En la matière, mes références sont assez éclectiques, comme dans beaucoup de domaines, d’ailleurs : je n’ai pas le goût des chapelles, enfin mises à part celles que l’on visite – j’aime l’architecture et je rêve de visiter quelques chapelles en robes longues, coiffures élégantes et talons claquant sur les dalles. Pour le coup, je voudrais presque que soient rétablies les travées marquant la séparation des genres dans les églises, rien que pour le plaisir de prendre place, vous devinez de quel côté, dans le froufrou de mes jupes ! Etonnant tout de même que l’on n’ait pas prévu les travées des anges, dans les églises. J’ai découvert très jeune les voix de haute-contre ou contre ténors. Actuellement, d’admirables artistes continuent, dans le sillage de l’extraordinaire Alfred Deller, à redonner vie aux répertoires sublimes, très souvent baroques, destinés à ces voix, au départ très fréquemment de « castrats ». Je pense bien sûr entre autres à Philippe Jaroussky. Si vous aimez, ou si vous êtes avides de découvrir, voyez sur la toile les extraits de l’opéra baroque Artaserse de Leonardo Vinci (à ne pas confondre avec Léonard de Vinci : mais, si l’on en croit Sophie Chauveau, dans son roman L’obsession Vinci, celui-ci a aussi composé des airs pour la scène, chantés par un garçon à la voix de fille… ! Toute une histoire !).Toujours à ce propos, connaissez-vous le roman de Balzac intitulé Sarrasine, ou celui de Dominique Fernandez, Porporino ou les mystères de Naples ? Naples, la ville des feminielli !
Allez aussi découvrir sur internet les captations des versions anglaises en comédies musicales de La Cage aux Folles. La première, des années 86-87, est ma préférée : tapez AMTSJLa cage aux folles, vous aurez accès à une intégrale de deux heures, un bonheur ! C’est un must, au niveau des voix, tout comme des robes et des chorégraphies : des performances extraordinaires, surtout au moment du french cancan, quand les voix sont lancées dans les aigus !

C’est un régal pour moi ! J’y arrive, moi aussi ! Une débauche d’énergie qui requinque, c’est fou ! Je ne sais pas d’où cela vient, mais je suis certaine en tout cas que ce cri procure autant d’énergie qu’il en libère, comme d’ailleurs la musique en général ! Regardez un peu cette troupe de copines anglaises qui se déchaînent sur la scène : ce sont des filles qui crient, aucun doute ! Et elles ont du bonheur et de la joie à revendre ! C’est assez incroyable ! Y a-t-il un rapport avec la voix de la mère ? Je n’en sais rien. Là encore, Pascal Quignard avance de belles hypothèses dans des phrases ciselées. Dans Vie secrète, par exemple, je ne résiste pas au plaisir de vous signaler ce passage : « La première fabrication de l’individuel en nous se fait au contact de la voix maternelle qui insinue à l’intérieur de notre corps, à l’arrière de nos yeux, le langage… ». Bien sûr, en appartement, je ne me permets pas de faire mon french cancan trop souvent !
Le plus décisif, dans l’affaire, c’est sans doute le partage des voix, je veux dire tout simplement le dialogue de vive voix avec autrui. Du coup, je passe toutes mes commandes par téléphone en femme, avec ma voix de femme ! Et j’ai le grand plaisir de m’entendre appeler « madame » le plus naturellement du monde, partout où j’appelle. Test réussi cinq sur cinq, les filles ! Et là, il n’y a plus de limites, car ma voix « sort » sans que j’y pense, je ne la « réfléchis » plus. En somme, au final, c’est bien l’autre qui nous conforte dans notre être. Il est donc important, vital même sans doute, de parler avec quelqu’un. Important de se montrer telle que nous sommes et de vivre des relations humaines le plus naturellement du monde. Petit à petit. Au début, quand j’ai commencé à parler « en femme » chez moi, les choses n’étaient pas évidentes. Je ne trouvais pas mon registre : trop haut, trop rapide, trop hésitant, bref, pas du tout crédible, ni tenable! Voire un peu ridicule ! Je désespérais parfois. Mais je n’ai pas abandonné. Et puis « avec le temps », comme chantait Léo, tout arrive ! Ma voix s’est en quelque sorte « installée » en moi. La nuit, quand je me lève en chemise de nuit, le matin au petit déjeuner, toute la journée, au téléphone ou avec mes intimes, le soir, devant la télé ou sur le balcon, ma voix est bien celle d’une femme, posée, claire, en harmonie avec tout mon être. Cela a pris le temps qu’il fallait, et je ne regrette rien, « non, rien de rien ! ». Bien entendu, certaines préfèrent garder leurs voix d’hommes. Dans la ville où je vis, un couple « d’hommes » toujours habillés en femmes – genre minijupes vraiment très mini ! – se promène régulièrement, quasi chaque jour. En fait, elles vivent en femmes tout le temps. Elles prennent souvent un café l’après-midi, toujours dans le même établissement, sur la place centrale. Elles discutent entre elles, et leurs voix sont graves. Elles sont bien ainsi. Moi, j’ai eu besoin, à un moment donné, de m’entendre en Isabelle et de me faire entendre comme telle. Je voulais vraiment que l’autre, en face de moi, voit …et entende complètement une femme. C’est comme cela que je voulais le vivre. C’est comme cela que je le vis aujourd’hui.
Tel a été mon chemin, tel est encore mon chemin, toujours perfectible. Je crois savoir que c’est aussi celui de beaucoup d’entre nous. Si nous avons le bonheur de le parcourir en compagnie d’autres voix amicales, il nous offrira de bien belles découvertes, des plaisirs, de la joie, et cette si profonde légèreté qui fait selon moi le chant, le parfum, l’essence même d’une femme.
La princesse vous quitte : elle se rend sur son balcon appeler son pigeon favori pour lui confier ce message qui vous est destiné. J’espère que vous y devinerez, même à mots couverts, quelque chose de ma voix. Et que vous oserez ou prendrez plaisir à mêler votre voix à la mienne pour éclairer et enrichir un peu nos expériences, nos conseils, nos références, nos petits « trucs » à travers cet espace de dialogue. Comment voyez-vous cette question de la voix ? Est-ce un « problème » pour vous ? Quelles ressources, quelles expériences, quelles interrogations pouvez-vous partager avec nous toutes ?
Bises
Isabelle






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